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Délinquance des mineurs J-M Bockel : il faut passer un contrat avec les parents - Direct Matin

Publié le 03 Novembre 2010

JEAN-MARIE BOCKEL, SECRÉTAIRE D’ÉTAT À LA JUSTICE
«ENSEIGNER LE MÉTIER DE PARENTS» (Direct Matin)

Le rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs remis aujourd’hui par Jean-Marie Bockel insiste sur le rôle des parents.

«La prévention de la délinquance est indissociable de la lutte contre la criminalité», disait Nicolas Sarkozy début août. Au lendemain de son discours de Grenoble, le chef de l’Etat a mandaté Jean-Marie Bockel pour dresser un constat et proposer de nouveaux moyens. Après trois mois de travaux et l’organisation des Assises de la prévention de la délinquance juvénile, le secrétaire d’Etat à la Justice livre aujourd’hui ses conclusions à l’Elysée.
«Parce qu’il n’y a pas de fatalité», l’an- cien maire PS de Mulhouse développe quinze pistes pour endiguer une violence qui a augmenté de 118 % en vingt ans. L’an dernier, 214 612 mineurs ont commis un crime ou un délit.

Comment expliquez-vous la hausse de la délinquance ? Il y a une évolution de la société qui a vu certaines difficultés s’aggraver : tel est le cas du décrochage scolaire qui concerne près de 150 000 élèves par an. Et puis, on est peut-être arrivé aussi aux limites d’une politique uniquement axée sur la lutte contre la récidive. Mon rapport entend donc mettre l’accent sur la prévention des jeunes qui sont fragilisés, mais qui n’ont pas encore basculé dans la délinquance.

Faut-il davantage responsabiliser les parents ? La famille est le premier espace privé de construction de la personne. Mais certains parents sont dans l’incapacité d’exercer leur mission parce qu’ils ne l’ont jamais intégrée. Nous avons sur ce point un vrai savoir-faire au niveau local pour enseigner le métier de parents. Je préconise de généraliser le contrat de responsabilité parentale, menée avec succès dans les Alpes-Maritimes. Et pour amener certaines familles à «se bouger», le risque de la sanction, comme la suspension des allocations familiales, doit exister.

La famille peut-elle agir seule ?
Non, il ne s’agit pas de mettre toute la pression sur les parents. Le repérage des enfants fragilisés se fait aussi à l’école. On le fait déjà au collège, mais c’est parfois trop tard. Je pense donc qu’on peut repérer dès l’école primaire, afin de les aider, les jeunes en souffrance, dont les problèmes personnels ne sont pas pris en compte. Il n’y a pas de risque d’établir un quelconque déterminisme de la délinquance.

Certaines statistiques montrent une émergence de la délinquance des jeunes filles. Il est vrai que c’est un phénomène émergent et inquiétant. En Allemagne, des stages antiviolence ont été mis en place après la classe. Ils sont menés en petits groupes, sur plusieurs mois, par des associations avec de vrais professionnels. Cela évite la réitération des actes violents dans 70 % des cas.

Cette mission vous a été attribuée après le discours sécuritaire de Grenoble. Etes-vous en phase avec cette impulsion ?
Lorsque j’ai rencontré le président le 2 août, je lui ai dit que j’étais d’accord avec la démarche de sécurité qui était engagée. C’est une priorité.
J’ai également insisté sur la nécessaire articulation entre sécurité et prévention, car le tout-sécuritaire ne fonctionne pas. En me confiant cette mission, j’ai pu vérifier que le chef de l’Etat était dans la même démarche.

Votre mouvement, La Gauche moderne, représente l’aile gauche de la majorité. Souhaitez-vous la nomination de Jean-Louis Borloo à Matignon ? Ma formation fait partie de celles qui travaillent avec Jean-Louis Borloo à la reconstitution du centre. J’ai des affinités avec lui et je considère qu’il est apte à exercer cette fonction. Mais je ne veux pas entrer dans un débat qui ne m’appartient pas.

 

QUELQUES CHIFFRES

15% de délinquants mineurs sont des filles. La proportion de mineures délinquantes est en augmentation depuis 1996 (9,9 %). Mais les sociologues relativisent la hausse, car que ce taux est le même que chez les majeures. (source ONDRP)

30% des atteintes aux biens ont été commises en 2009 par un mineur. C’est la forme de délinquance où les moins de 18 ans sont le plus représentés. Entre 2008 et 2009, le nombre de mises de personnes mineures en cause a augmenté de 3 %, contre 1,4 % pour les majeurs.

46713 mineurs ont été mis en cause l’an dernier pour un acte de violence ou de menace. Cette évolution représente une hausse de 4,2 % sur une année. Dans le même temps, le nombre de majeurs mis en cause n’a progressé que de 3,2 %.

 

Retrouvez cet article paru le 3 novembre 2010 sur directmatin.net