L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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Conseil unique : Bockel propose de relancer la discussion

Publié le 04 Janvier 2013

Plutôt discret sur la question du conseil unique, Jean-Marie Bockel (UDI) en appelle à la responsabilité des élus pour réussir le référendum.

Vous vous êtes peu exprimé sur le conseil unique, non ?

J’ai toujours affirmé mon soutien au projet, sans vouloir me mettre en avant. À un mois du référendum, il faut éviter de se retrouver dans une impasse grave. Je n’entrerai pas dans la critique sur la méthode. Pour un projet aussi novateur et dérangeant, il n’y a pas de bonne méthode. Philippe Richert [NDLR : président (UMP) du conseil régional] a été confronté à des obstacles qu’il a dû surmonter. Aucune des critiques, même pertinente, ne justifie le refus de soutenir le projet.

Même le débat sur le siège ?

Il faut avancer en marchant, jusqu’au référendum et après le référendum. Mais il faut d’abord réussir le référendum. Les principes généraux, comme la simplification, l’innovation et le renforcement de l’Alsace, sont clairs. On peut toujours améliorer le contenu, le fonctionnement, tel ou tel aspect du projet…

Comment obtenir un consensus ?

Il serait intéressant que puisse se tenir, non pas un groupe projet qui pourra continuer de se réunir après le référendum, mais une conférence limitée aux grandes entités territoriales. Je pars du principe que l’Alsace est une conurbation, structurée par les grandes agglomérations.

En plus des trois collectivités qui ont vocation à fusionner, il faut réunir les représentants des trois agglomérations et des deux associations de maires représentatives des territoires ruraux. Le but est d’évoquer tranquillement, entre nous, dans un climat de confiance, un aménagement rationnel et équilibré des territoires. Il faut surmonter les malentendus.

Comme président de la M2A, vous n’avez pas de revendications ?

Je préside le deuxième pôle urbain d’Alsace. Et je reconnais que les discussions autour du tropisme colmarien sont vexantes pour nous, et maladroites. Je n’ai jamais revendiqué la préfecture ou le siège du conseil général. J’ai toujours reconnu que Colmar, par son histoire, est siège de la préfecture. Mais nous ne sommes pas représentés par Colmar, et surtout ce n’est pas une raison pour que les Colmariens bloquent tout !

On a parlé du Céser, l’assemblée des socioprofessionnels, à Mulhouse ?

Dans l’esprit de Philipe Richert, c’est un signal institutionnel. Nous l’accueillerions d’autant mieux que ses élus seraient heureux de s’installer à Mulhouse. Ce n’est pas une exigence, mais une possibilité. J’ai confiance dans un dispositif pertinent d’organisation territoriale. Je n’imagine pas que Mulhouse se retrouve sans rien. On n’a pas besoin de finaliser toutes les discussions.

Quelle est votre position par rapport à Strasbourg ?

Nous sommes solidaires de la capitale régionale, siège du Parlement européen et du Conseil de l’Europe, qui a vocation à le rester. Bien sûr, Colmar doit avoir une place institutionnelle et accueillir des services. Mais dans le respect des deux grandes entités que sont Strasbourg, avec 450 000 habitants, et Mulhouse, avec 250 000 habitants. C’est le principe de réalité. Cela n’a pas de sens de parler de centralisme strasbourgeois dans une région de 2 millions d’habitants. La capitale régionale est petite à l’échelle européenne, ce qui la fragilise.

Comment réussir le référendum ?

Nous devons rassembler les forces politiques, économiques, sociales et culturelles, autour d’une pédagogie claire. Il faut parler à nos concitoyens de compétences, de proximité, de mutualisation et d’une nouvelle dynamique qui permettra de renforcer la région. La mutualisation entraînera des économies d’échelle. Mais quand on rassemble de manière démocratique, cela n’est pas immédiat. En revanche, on est tout de suite plus fort ensemble et plus efficace au service du territoire.

Mais je suis inquiet. Et je dis : halte au feu, aux petites phrases blessantes, aux craintes surjouées ! Que Strasbourg, qui est siège de la nouvelle collectivité, aussi joue la confiance. Je suis sûr que nous trouverons la bonne formule… Si certains socialistes et d’autres forces jouent l’échec, ils seront responsables de l’échec. Mais nous devons réussir le référendum ensemble. Donner envie aux Alsaciens de se déplacer pour répondre à la question posée. Ils ne le feront que s’ils ont conscience qu’il y a là une chance historique de nous affirmer ensemble. Sinon, nous pourrons pleurer encore 30 ans sur les effets du centralisme parisien…

 

Propos recueillis par Yolande Baldeweck

Retrouvez cet article paru le 30/12/2012 sur le site www.lalsace.fr