L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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Conseil de l’Europe – Intervention de Jean-Marie Bockel le 1er nov 2013

Publié le 05 Octobre 2013

Mardi 1er octobre, lors de la quatrième partie de la session de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe, Jean-Marie Bockel est intervenu dans le débat sur les activités de l’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE).

Jean-Marie Bockel : Les scrutins qui ont été organisés de part et d’autre du continent ces dernières années se sont pratiquement tous traduits, à l’exception notable de l’Allemagne, par le rejet des équipes gouvernementales en place, qui ont dû faire face à la tempête économique et financière. Le verdict des urnes traduit souvent deux idées différentes : le refus de prolonger des gouvernements jugés trop laxistes et donc responsables de la crise, d’une part ; la lassitude à l’égard de cures d’austérité souvent sévères et dont les objectifs restent mal compris par nos concitoyens, d’autre part.

Il n’est pas anodin que le Fonds monétaire international ou l’Union européenne préconisent aujourd’hui une meilleure calibration sociale des programmes de soutien mis en place par les États qui rencontrent de graves difficultés financières. Je note que cette préoccupation est également mise en avant par l’OCDE dans son initiative sur les « Nouvelles approches face aux défis économiques ». La lutte contre le surendettement des États ou le combat contre le laxisme budgétaire ne peuvent être automatiquement synonymes de moins disant social ou de surcharge fiscale. Il ne faudrait pas que le patient meurt guéri…

L’Union européenne insiste désormais sur la lutte contre les conséquences sociales de la crise en promouvant de nouvelles approches, à l’image du dispositif de garantie pour les jeunes. On doit s’en féliciter. Le chômage des jeunes est aujourd’hui un phénomène massif en Europe, y compris au sein de l’Union européenne. Je pense tout particulièrement aux jeunes de moins de 25 ans, qui ne sont ni étudiants, ni employés, ni stagiaires, qui sont sans formation et près de 8 millions en Europe, futurs chômeurs de longue durée. Ce n’est pas acceptable.

La Commission européenne va inviter chaque État membre à présenter, dès 2014, une offre de qualité à tous ces jeunes sans emploi ou sans formation de moins de 25 ans. 8 milliards d’euros vont ainsi être dégagés pour financer ce dispositif.

Je relève que dans le même temps, l’Union engage une réflexion sur une allocation chômage européenne. Ce système d’assurance où les risques de chocs économiques seraient assumés par l’ensemble des Etats membres réduirait ainsi les fluctuations des revenus nationaux et offrirait des marges de manœuvres supplémentaires pour une budgétaire expansionniste en période de ralentissement. Ce régime représenterait une prestation de base, complétée par les États membres. L’instauration d’un tel dispositif aurait ralenti la chute des PIB espagnol et grec de respectivement 20 % et 10 %.

Cette révision, au sein de l’Union européenne, de nos approches économiques me semble aller dans le sens défendu par notre Assemblée, celui d’un traitement humain et responsable de la crise économique et de ses conséquences. Monsieur le Secrétaire général de l’OCDE, votre propre réflexion et vos initiatives vont également dans ce sens.

En tant que premier rapporteur, l’année dernière, d’un rapport de l’Assemblée sur les activités de l’OCDE, je voudrais, pour finir, féliciter M. Van der Maelen pour l’excellence de son travail, tout en regrettant que la sous-commission ad hoc créée au sein de la commission politique sur le suivi des travaux de l’OCDE ne se soit pas encore réunie.