L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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Brignoles : un centre fermé pour sortir de la délinquance

Publié le 27 Aout 2010

Il a seize ans, porte un short et un tee-shirt de foot, des baskets au pied. Un ado type. Avec son joli sourire, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Ce gamin s’est frotté à la justice pour des affaires non négligeables. « Des conneries » parfois violentes. Posément, le jeune raconte au monsieur en costume cravate (le secrétaire d’État à la Justice Jean-Marie Bockel) son placement dans ce centre éducatif fermé (CEF) à Brignoles, qu’il a refusé, sa fugue pendant trois mois, puis ses trente jours de prison à Grasse. Et enfin son arrivée en juin, ici, à la campagne. « Maintenant, je suis tranquille. Il a fallu que je passe par là pour comprendre », résume-t-il. Il va bientôt attaquer une formation en alternance dans la boucherie, parce qu’il n’a pas trouvé en mécanique. Il paraît content. Ses éducateurs aussi. Le CEF de Brignoles que Jean-Marie Bockel a visité hier est le seul de la région Paca. Un projet est en cours à Marseille. Mais il faudra vaincre bien des réticences.

La dernière chance

« Un CEF ne doit pourtant faire peur à personne » a martelé Claude Gilardo, le maire de Brignoles, qui a reçu récemment un des collègues des Bouches-du-Rhône pour essayer de le convaincre d’accueillir sur son territoire une telle structure. Créés en 2002, les CEF sont la dernière chance quand on a tout essayé face à un adolescent délinquant pour lui éviter d’aller en prison ou d’y retourner, a rappelé Jean-Marie Bockel. Les mineurs récidivistes sont placés ici pour six mois par le juge d’instruction ou le juge des enfants dans le cadre d’un sursis avec mise à l’épreuve ou d’un contrôle judiciaire. S’ils ne respectent pas les règles du jeu, à la moindre incartade, ils le savent, c’est direction la case prison. Ce ne sont pas les candidats qui manquent pour prendre leur place. Le directeur reçoit 10 demandes par jour.

70 % de réussite

Dans ces lieux fermés, avec des chambres individuelles à barreaux mais de vastes espaces verts, les jeunes sont suivis pas à pas par une équipe soudée et conséquente : à Brignoles, pour 7 pensionnaires, 24 adultes au total, dont 14 éducateurs. L’endroit est plaisant : un hectare de campagne et des bâtiments propres. On y cultive des légumes et des herbes aromatiques. Au quotidien, tout est pensé pour réussir la rééducation des pensionnaires (à coup de cours et d’activités diverses) et les réinsérer dans une société qu’ils ont rejetée. Et qui le leur rend bien. Pas toujours simple. Certains gamins, murés, ne disent rien. D’autres lâchent en arrivant qu’ils préfèrent la prison. La route est longue pour gagner la confiance. « L’objectif, c’est de trouver un point d’ancrage pour donner un sens », détaille le directeur Hervé Poulain. Lui croit dur comme fer que la délinquance des mineurs peut être enrayée. 70 % des jeunes qui passent chez lui se sont tenus à carreau ensuite. Reste que de telles structures nécessitent de solides moyens. Le centre gère ses protégés 24 h sur 24 h, chaque jour de l’année. Comme dit un éducateur, « il faut les occuper ». Or, des interventions extérieures ont été supprimées pour faire des économies. Et il n’est pas toujours facile de trouver des écoles, des patrons qui jouent le jeu pour les placements. « Les jeunes ont des raisons d’avoir peur de la société », fait remarquer un enseignant. Il existe en France 42 centres éducatifs fermés hébergeant 400 personnes de 15 à 18 ans. 700 mineurs, qui n’ont pas eu la chance ou le profil pour y trouver une place, sont en prison.

Retrouver cet article paru le 20 août 2010 sur varmatin.com