L'actualité de Jean-Marie Bockel

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Bockel remet au goût du jour la détection précoce de la délinquance dès 2-3 ans (lepoint.fr)

Publié le 04 Novembre 2010

PROPOSITION-CHOC - Bockel remet au goût du jour la détection précoce de la délinquance dès 2-3 ans

Cela aurait pu être un rapport tout ce qu'il y a de plus consensuel. Commandé par Nicolas Sarkozy au secrétaire d'État à la Justice du gouvernement Fillon, le 3 août 2009, il devait permettre à la droite de compléter sa politique de répression de la délinquance par un volet de prévention, parent pauvre de son action en la matière, selon l'opposition. Mais la septième des 15 propositions de Jean-Marie Bockel risque bien d'éclipser toutes les autres et de susciter une levée de boucliers.

L'ancien maire socialiste de Mulhouse n'a, en effet, pas hésité à reprendre à son compte une idée très contestée issue d'un rapport de l'Inserm de 2005 : le "repérage précoce des enfants en souffrance" et susceptibles de sombrer dans la violence. "Cette vulnérabilité pourrait pourtant être repérée chez les petits entre 2 et 3 ans", considère-t-il. Car selon lui, "c'est à ce stade que doit être posé sur l'enfant un regard pluridisciplinaire visant à rechercher s'il existe à ces troubles une cause médicale ou familiale". Un constat largement partagé par "les professionnels de santé, les personnes qualifiées, les grands élus et les acteurs associatifs de terrain", souligne le fondateur de la Gauche moderne, alliée à l'UMP. Et de citer des études selon lesquelles "15 % des enfants sont vulnérables, c'est-à-dire incapables de répondre, de manière adaptée, à l'agressivité interne ou externe à laquelle ils sont exposés".

Une piste abandonnée en 2007

L'idée d'une détection précoce des enfants potentiellement violents ressurgit régulièrement à droite. À l'époque où il était ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy avait déjà proposé, dans son avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance, un "dépistage précoce des enfants présentant des troubles du comportement". Une disposition abandonnée dans le texte définitif, voté en février 2007, après le tollé qu'elle avait suscité auprès de psychologues et de spécialistes de la petite enfance.

Cette fois, Jean-Marie Bockel recommande de remettre l'ouvrage sur le métier en s'appuyant sur l'institution scolaire. Cité dans son rapport, Jean-Pierre Rosenczveig, le vice-président du tribunal de grande instance de Bobigny, estime ainsi que "l'école est le lieu de repérage le plus en amont possible des enfants en difficulté. Dès 3 ans, la quasi-totalité d'entre eux se retrouvent à l'école qui est le lieu idéal pour repérer les élèves en difficulté et mobiliser l'aide qui leur est nécessaire tant pour eux que pour leurs parents."

La question des moyens en suspens

Pour y parvenir, Jean-Marie Bockel veut notamment créer un réseau partenariat réunissant éducation nationale, centre médico-psycho-pédagogiques et services de psychiatrie infanto-juvénile afin de créer "des équipes pluridisciplinaires (orthophonistes, psychologues, éducateur de rue, ASE, Éducation nationale) en charge de détecter et de répondre à des comportements d'enfants difficiles". Un volontarisme qui devra surmonter le manque chronique de moyens alloués à la médecine scolaire, à l'action sociale, comme le remarque, lui-même, Jean-Marie Bockel. Pas sûr que Nicolas Sarkozy l'entende sur ce point dans un contexte de pénurie budgétaire...

Retrouvez cet article paru le 3 novembre 2010 sur lepoint.fr