L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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Bockel : « L'Ares ne doit pas être victime de la présidentielle »

Publié le 10 Septembre 2011

Les premières journées d'été de l'Alliance républicaine écologiste et sociale (Ares) se déroule ce week-end à la Grande Motte. Jean-Marie Bockel, président de la Gauche moderne et membre de cette Alliance, en est l'un des instigateurs. Il explique au JDD.fr que ce rendez-vous "ne doit pas être une étape vers une candidature" mais l'occasion "de montrer aux Français que [l'Alliance a] des idées".

L'Ares tient ce week-end ses premières journées d'été. Est-ce une étape fondamentale dans la construction de l'Alliance?
Avant l'été, l'Ares a réussi le pari d'exister dans un contexte où on se demandait si on y arriverait. Il faut toujours rappeler que la naissance de notre mouvement n'était pas une évidence. Avec la pression que maintenait l'UMP, c'était tout sauf gagner. Désormais, il nous faut gagner le pari de la crédibilité. Nous devons montrer notre unité et effacer les quelques moments de cacophonies qui ont pu se passer pendant l'été. Ainsi, nous pourrons inscrire notre démarche dans la durée. Au-delà de la présidentielle.

Les médias évoquent souvent l'Alliance à travers la potentielle candidature à la présidentielle de Jean-Louis Borloo ou d'Hervé Morin...
Nos journées d'été sont justement l'occasion de montrer aux Français que nous avons des idées. C'est à cause de nos spécificités sur le fond que nous avons pris nos distances avec l'UMP. Par rapport à un contexte économique et international qui s'est totalement renouvelé depuis début 2011, nous avons des choses à dire, une valeur ajoutée qu'il nous faut valoriser.

«Aujourd'hui, nous n'avons pas tous les éléments pour évoquer une candidature en 2012.»Il y a cinq ans, le Modem avait pour ambition de recréer un espace politique entre la droite et la gauche. L'Ares veut-elle aussi s'installer entre l'UMP et le PS?
Pour ne pas être langue de bois, nous sommes clairement dans la majorité. C'est là notre différence avec François Bayrou ou Dominique de Villepin, tous deux plutôt isolés. Je note d'ailleurs qu'être entre la droite et la gauche n'a, jusqu'à maintenant, pas bien fonctionné. Notre ambition est à la fois modeste – nous voulons rééquilibrer la majorité – et plus vaste – la droite, au sens classique, peine à appréhender le monde telle qu'il a changé ces derniers mois. Il y a une nouvelle société à inventer et l'UMP, touchée par une certaine droitisation, est limitée. Ceci dit, il est clair que les crises, économique, sociale et écologique, que nous traversons requièrent des solutions sortant du clivage gauche-droite.

Si vous êtes dans la majorité, pourquoi présenter une candidature à la présidentielle?
Certes, la présidentielle est la perspective à laquelle tout le monde pense. Mais je refuse que nos journées d'été soient marquées par ce seul sujet. Si on est dans la spéculation politicienne, si importante soit-elle à un moment donné, on risque de passer à côté de ce que peut proposer l'Alliance. D'autant qu'aujourd'hui, nous n'avons pas tous les éléments pour évoquer une candidature à la présidentielle. D'ici la fin de l'automne, il peut se passer beaucoup de choses.

«Les journées d'été ne doivent pas être une étape vers une candidature.»Le duel Borloo-Morin, pour représenter l'Alliance à la présidentielle, risque-t-il de faire des dégâts?

Les ambitions pour la présidentielle brouille un peu le message. C'est la raison pour laquelle les journées de la Grande Motte doivent privilégier le débat d'idées. Cette semaine, s'est tenue une réunion sur ses journées d'été, où étaient présents Morin, Borloo, etc. Tout le monde a été d'accord sur le fait que le rendez-vous de ce week-end n'est pas une étape vers une candidature. Mais je ne suis pas dupe : les médias seront là pour couvrir les ambitions personnelles, espérant des petites phrases.

Nourrissez-vous une ambition particulière dans la campagne à venir?
Je veux être dans le bon calendrier. L'Alliance ne doit pas être victime de la présidentielle. Elle doit se renforcer pendant la campagne, mais aussi avant et après.

Avant, il y a les élections sénatoriales, qui ont lieu dans trois semaines. Imaginez-vous la constitution du premier groupe parlementaire de l'Ares à l'issue de ce scrutin?

On l'imagine, mais les conditions ne seront peut-être pas réunies pour parvenir à cet objectif. Plusieurs groupes sont concernés, celui de l'Union centriste, mais aussi l'UMP et les Radicaux-socialistes, dont je suis membre [Jean-Marie Bockel est sénateur du Haut-Rhin, Ndlr]. Est-ce qu'il y aura des scissions afin de former un groupe ex nihilo? La question est donc légitime, mais la réponse n'est pas évidente.

Retrouvez cet article paru le 9 septembre 2011 sur le site LeJDD.fr