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Sénateur du Haut-Rhin


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Bockel : confirme son rapprochement avec Jean-Louis Borloo et les centristes

Publié le 18 Novembre 2010

16 novembre 2010, republicain-lorrain.fr

Le leader alsacien de la Gauche moderne confirme son rapprochement avec Jean-Louis Borloo et les centristes, grands perdants du remaniement.

L’ex-secrétaire d’Etat à la Justice, ex-maire socialiste de Mulhouse et leader de la Gauche moderne, a appris son éviction du gouvernement dimanche vers 19 h 30 de la bouche de François Fillon. Ce dernier lui a dit « qu’il n’était plus possible de me garder dans le contexte actuel ; ça a duré une minute. Quand j’ai vu la liste des nommés, j’ai compris qu’on était dans une logique politique, pas d’une éviction personnelle ».

Vous avez immédiatement déclaré qu’on assistait à une droitisation de l’exécutif à l’occasion du remaniement, n’est-ce pas ?

Jean-Marie BOCKEL : « Je ne suis pas le seul à avoir ce sentiment. Je savais qu’on sortirait de l’ouverture version 2007 mais je ne pensais pas qu’on arriverait à un gouvernement aussi monocolore. Il se recentre sur une partie de la majorité, de l’UMP même, à de rares exceptions près. Les centristes n’y sont presque plus présents, avec le départ de Borloo et l’aile gauche de la majorité – que j’avais patiemment construite et qui avait trouvé sa place – a été évincée. C’est une nouvelle séquence qui s’ouvre. »

Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

« Je n’ai pas d’aigreur ni d’amertume, même si je regrette le virage pris par le gouvernement. Je pense qu’on pouvait avoir une démarche axée sur le deuxième tour et prenant plus en compte la nécessité d’élargir la majorité pour gagner en 2012. Si j’ai un reproche à me faire sur ces trois dernières années, c’est peut-être d’avoir été trop dans la discipline gouvernementale, trop carré en homme de l’Est n’aimant pas tacler son propre camp. Aujourd’hui, nous, la Gauche moderne, perdons peut-être un peu en visibilité en quittant le gouvernement, mais on va gagner en dynamique tout en cultivant les passerelles avec Borloo. »

Bien avant le remaniement, vous aviez misé sur l’ex-ministre de l’Ecologie. Qu’entendez-vous aujourd’hui par confédération des centres ? Est-ce une rampe de lancement pour Borloo en 2012 ?

« Je serai ce soir à la réunion des formations centristes (Nouveau Centre, Gauche moderne, Parti radical, ex-UDF) que réunit Jean-Louis Borloo, à l’Assemblée nationale. Si on veut l’emporter en 2012, il faudra aussi convaincre des gens qui se sont éloignés de la majorité, ou sont déçus, ne comprennent pas, pour leur dire qu’ils y ont leur place. C’est trop tôt pour dire si cette confédération des centres doit aboutir sur une candidature au 1 er tour en 2012 même s’il ne faut pas l’exclure. En tout cas, les enjeux politiques et sociaux doivent précéder les enjeux stratégiques ou tactiques. »

Que pensez-vous de la nomination à la Réforme des collectivités territoriales de Philippe Richert (UMP), président de la Région Alsace, la seule à droite dans l’Hexagone, dont vous êtes un allié récent après avoir été un opposant de gauche ?

« Une partie de la droite alsacienne n’a jamais accepté que le seul ministre alsacien soit un homme d’ouverture à gauche ! Aujourd’hui, cette partie de la droite doit être satisfaite. Moi-même, je n’avais pris la place de personne. Je ne suis pas rentré au gouvernement comme Alsacien d’abord […] Je savais qu’il viendrait au gouvernement et j’ai pensé (jusqu’à dimanche) que ce n’était pas incompatible avec l’existence d’une aile gauche au gouvernement ».


Propos recueillis par Alain MORVAN.

Retrouvez cette interview parue le 16 novembre 2010 sur republicain-lorrain.fr