L'actualité de Jean-Marie Bockel

Sénateur du Haut-Rhin


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Article Jean-Marie Bockel dans le Figaro : Vers un dépistage des «enfants en souffrance

Publié le 03 Novembre 2010

Jean-Marie Bockel propose quinze mesures pour prévenir la délinquance juvénile.

Le secrétaire d'État à la Justice doit remettre ce mercredi à Nicolas Sarkozy un rapport sur la prévention de la délinquance des mineurs. Il met l'accent sur la responsabilité des parents.

Repérer les enfants dès l'âge de 2-3 ans

L'idée que les troubles du comportement manifestés par certains enfants et adolescents pourraient être dépistés dès la maternelle a déjà suscité une très vive polémique à la suite d'une étude de l'Inserm publié en 2005 -  travail qui avait inspiré à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, le projet de créer un «cahier de comportement de l'enfant». Dans son rapport, Jean-Marie Bockel ne craint pas pour autant de revenir sur le sujet -  même s'il a pesé personnellement chaque mot utilisé pour la rédaction de ce paragraphe sensible. Il propose une prise en charge précoce des difficultés des enfants, dès 2-3 ans. «De grands professionnels de l'enfance, comme les médecins Marcel Rufo ou Philippe Jeammet, ou le magistrat Jean-Pierre Rosenczveig, m'ont convaincu  », explique-t-il. Sur ce terrain qu'elle sait miné, la mission fait référence à un projet d'avis du Conseil économique et social du 10 février dernier expliquant que « le retard dans le dépistage des troubles du comportement est d'autant plus préjudiciable qu'il annonce des difficultés supplémentaires dans le traitement». 15 % des enfants seraient «vulnérables», selon des études, c'est-à-dire dans l'incapacité de répondre de manière appropriée à l'agressivité. Le rapport Bockel préconise une formation des enseignants pour leur permettre de repérer les difficultés.

Créer un statut du beau-parent

«Dans certains quartiers où explose la délinquance juvénile, plus d'un foyer sur deux est une famille monoparentale  », constate la mission, qui en tire cette conclusion : «Le statut du beau-père reste un sujet complexe qui ne peut plus rester en jachère. » Ce débat, lancé en 2009 par la majorité, a lui aussi déjà suscité la polémique, en réveillant notamment les antagonismes entre les associations de défense de l'homoparentalité - qui veulent un statut pour le «deuxième parent» de même sexe - et les associations familiales défendant une vision plus traditionnelle de la famille. «C'était peut-être trop tôt…, défend Jean-Marie Bockel. Certaines idées progressent pas à pas. L'absence des pères est en tout cas un vrai sujet.» Le rapport milite donc pour que les textes accordent une place officielle à la deuxième personne référente dans l'éducation. En même temps qu'il rappelle les parents à leur responsabilité, Jean-Marie Bockel propose de permettre plus largement la suspension des allocations familiales, estimant que la menace de la sanction jouera un effet dissuasif. «Plusieurs des personnalités auditionnées ont déploré le faible recours à cet instrument alors qu'il apparaît à l'usage comme extrêmement performant», note le rapport au sujet des contrats de responsabilité parentale qui peuvent entraîner une suspension des prestations familiales. La mission a été frappée par les témoignages racontant, le cas d'enfants manifestement délaissés, arrivant en pyjama à l'école.

Des programmes contre la violence à l'école

Près de 10 % des enfants seraient ce mercredi victimes à l'école de discriminations ou de harcèlement - avec des insultes portant sur la taille, le poids, les bonnes notes, mais aussi la couleur de peau ou la religion… 20 à 25 % des élèves seraient même victimes, selon Eric Debarbieux, de «cyberharcèlement» avec Internet. Les professionnels se sont rendu compte que ce harcèlement est bien souvent à l'origine de l'absentéisme scolaire. Selon la mission, la France serait en retard sur ce sujet par rapport à de nombreux autres pays qui ont développé des programmes spécifiques. Le Canada, et les États-Unis ont par exemple généralisé ces programmes avec des résultats spectaculaires sur les discriminations, mais aussi sur les dégradations commises au sein des locaux scolaires.

Retrouvez cet article paru le 2 novembre 2010 sur lefigaro.fr