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Publié le 20 Décembre 2011

Pau > Finances : La députée-maire fait face aux critiques

Pointée du doigt par l'opposition pour une «gestion chaotique» après l'annonce du gel de certains projets, la maire assure qu'elle «garde le cap».

Cette ville est bien gérée avec des perspectives à moyen et long termes. Tout va bien ». Le Palois présent hier soir au conseil municipal ou suivant les débats en direct sur internet a dû se nettoyer les oreilles ou bien se frotter les yeux. Le compliment est en effet signé Yves Urieta, le conseiller municipal de la Gauche moderne. Mais il est teinté d'ironie bien sûr. Et surtout suivi de cette précision : « Mais quand on est en contact avec les Palois, on n'a pas le même sentiment ». Martine Lignières-Cassou n'a pas échappé aux vives critiques de l'opposition, après l'annonce, il y a peu dans nos colonnes, du gel de certains gros projets comme celui de l'école des arts de la Miséricorde.

La députée-maire, après avoir dressé un bilan (positif) de l'année 2011, revient sur le sujet : « Nous subissons comme les autres collectivités les effets de la crise économique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les indicateurs ne sont pas rassurants ». « Nous gardons le cap, précise-t-elle. Notre ambition reste intacte (...)». Mais elle prévient aussi : « C'est en responsabilité et, oserais-je dire, en bon père de famille, que nous procéderons aux arbitrages budgétaires que nous avons à prendre selon le calendrier que nous nous sommes fixé ». C'est-à-dire au cours du 1er trimestre de 2012.

Pour Jean-Louis Péres (MoDem), la crise économique a bon dos. Il dénonce « une gestion chaotique qui met à mal certains projets essentiels pour la ville ». Dans son esprit, les Halles plus que l'école des arts dont il stigmatise depuis longtemps l'aspect « trop onéreux ». Yves Urieta fait appel à ses souvenirs de maire : « Sur la Miséricorde, les services avaient fait une étude. Certes, il n'y avait pas de vache ou de nuage dessus, mais nous étions à 5,5 millions. Pas à 10 millions ». Et pour lui aussi, le dossier des Halles aurait dû être traité « en début de mandat ».

Réplique de la maire : « Il faudrait trouver d'autres qualificatifs qu'incompétence ou chaos. Je formule un voeu : renouvelez vos critiques, changez ! ». Olivier Dartigolles, qui avait révélé le gel du projet de la Miséricorde s'adresse alors à la députée-maire : « Il faut que vous puissiez prendre sur vous, même si ces réactions peuvent vous agacer ». Lui aussi estime qu'on « ne pourra pas tout faire ». Il s'interroge : « Les banques vont-elles nous suivre ou pas ? » Et propose : « Ne pouvons-nous pas, avant le débat sur les orientations budgétaires, expliquer la situation aux Palois et aux Paloises ? ». Proposition retenue, assure la maire.

===> Des élus plaident pour la gratuité des bus

Tout le début du conseil d'hier soir a été consacré à la présentation du bus à haut niveau de service. Ce bus du futur qui officiera sur la première ligne de transport en site propre reliant la gare à l'hôpital et, probablement au Zénith. D'un coût de 60 millions d'euros (matériel compris) pour 10 km, la ligne fait l'objet depuis deux mois d'une étude par le cabinet Artelia. L'avant-projet est programmé pour la fin 2012. Début des travaux avant fin 2013, pour un achèvement prévu en « 2015/2016 ».

L'occasion pour Bernard Boutin (élu sur la liste « Pau Confiance) de poser la question de fond : « Est-ce que c'est maintenant qu'il faut le faire ? La culture bus est-elle vraiment en train de prendre ? ». Pour Martine Lignières-Cassou, 50 % de fréquentation de plus en un an sur le réseau Idélis, c'est un signe fort. « Bayonne qui a fait la même révolution que nous est sur des niveaux 4 à 5 fois inférieurs », indique le technicien en chef du dossier Arnaud Binder.

Pour le conseiller communiste Olivier Dartigolles, cette « culture bus » passe par la création (en cours) de parkings relais, mais aussi et surtout par la gratuité « qui permettrait de créer un électrochoc ». Une gratuité qu'il réclame le plus vite possible. Il annonce d'ailleurs sur ce thème « une grande campagne en janvier ». L'adjoint Pascal Boniface a rappelé également : « Un de nos engagements de campagne était de tendre vers la gratuité ». « Je pense qu'il faut aussi s'appuyer sur la gratuité, a abondé, une autre adjointe Anne Castera. Et ceci, dès le départ, sinon cela va devenir comme pour les autoroutes ».

>> Boniface-MLC : de la tension dans l'air

Les tensions entre la députée-maire et son adjoint Pascal Boniface à qui elle a retiré ses délégations, ne sont pas retombées. S'inquiétant du devenir du projet d'ouverture du parking Aragon, il a cette phrase lourde de sous-entendus à l'heure où la maire annonce le gel de certains projets : « Il y a toujours de bonnes raisons pour ne pas faire les choses : la crise, la situation financière, Sarkozy...». L'adjoint aux finances, Alain Lavignotte le rassure : « Le projet n'est pas abandonné ». Nouvelle intervention de Pascal Boniface sur les parkings relais : « C'est une connerie de continuer à dire qu'il y en aura un au Zénith ! ». La maire tique sur le terme « connerie ». « Vous avez d'autres mots qui parfois choquent les gens, réplique l'adjoint. Je n'ai pas de leçons à recevoir là-dessus ». En marge du conseil, Pascal Boniface fait savoir qu'il a proposé ses services afin de rechercher les financements extérieurs réclamés par la maire pour les projets palois. « Elle a refusé par écrit cette semaine », précise-t-il.

Retrouvez cet article paru le 20 décembre 2011 sur le site larepubliquedespyrenees.fr

 


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