L'actualité des élus de La Gauche Moderne

 

Publié le 19 Décembre 2010

Michèle Striffler au Sud-Kivu «Une mère n’a plus de valeur»

De retour du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, l’eurodéputée Michèle Striffler dénonce la «corruption» de la Mission de l’ONU pour la stabilisation (MONUSCO) et son «incapacité» à protéger les femmes et les enfants des violences sexuelles. Elle demande que l’aide européenne revienne aux ONG.

L’eurodéputée Michèle Striffler est revenue « révoltée» de son déplacement humanitaire dans le Sud-Kivu, cette province de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) dont la population continue de subir les exactions des «clans» armés huit ans après la fin officielle de la deuxième guerre du Congo.


«L’argent arrive moins aux ONG»

La première vice-présidente (Gauche moderne) de la Commission du développement du Parlement européen a parcouru avec plusieurs ONG cette région montagneuse pendant trois jours avant de participer à Kinshasa à l’assemblée parlementaire paritaire Afrique-Caraïbes-Pacifique/Union européenne.

« Anarchie», « impunité totale», « jungle»... Michèle Striffler décrit avec émotion une « crise oubliée» qui se joue dans un décor de Petite Suisse à la végétation généreuse mais à la géographie « inaccessible». « Les gens ont été abandonnés par le gouvernement», constate l’élue qui s’est rendue dans des camps de transit remplis de Rwandais qui doivent rentrer chez eux et de Congolais rwandais qui doivent s’intégrer.

Michèle Striffler a surtout été touchée par ces milliers de femmes et fillettes victimes de viols. « On viole et on pille en toute impunité», déplore-t-elle en indiquant que ces exactions sexuelles sont perpétrées par des clans, des rebelles, des miliciens étrangers mais aussi par des policiers et des militaires congolais.

Mais l’eurodéputée va plus loin en accusant la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO) de « phagocyter l’action des ONG» depuis qu’elle a mis en place le Fonds de stabilisation et de relèvement de la RDC (Starec) pour prévenir les violences. « Les 20000 casques bleus pakistanais ou indiens n’ont pas vocation à faire de la pédagogie. L’argent arrive moins aux ONG et aux victimes», note la Mulhousienne. Elle considère que la MONUSCO est « corrompue» et « inefficace».

«Diamants de sang»

Michèle Striffler regrette que les ONG aient « perdu leur leadership dans la prévention des violences sexuelles». Elle va donc demander que l’aide européenne leur revienne en priorité. Elle va aussi vérifier l’affectation des 584 millions d’euros que l’Union européenne doit verser pour le développement de la RDC entre 2007 et 2013. Et sensibilisera sur la question le commissaire européen au développement, Kristalina Georgieva.

L’eurodéputée souhaiterait que l’Union européenne favorise dans le futur l’installation d’instituteurs dans le cadre d’un programme éducatif. « Il n’y a plus de livres dans le pays», constate amèrement l’élue qui a visité une école de Bukavu, la capitale de la province, qui bénéficie de la générosité des élèves du lycée Montaigne de Mulhouse et de leurs parents.

Éprouvée et révoltée par son séjour dans ce « far west» aux « diamants de sang» où « une mère n’a plus de valeur», Michèle Striffler a refusé d’assister à la réception organisée sous les ors du palais présidentiel de Joseph Kabila.

Retrouvez cet article paru le 19 décembre 2010 sur dna.fr

 


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