Pilier incontournable de la cohésion sociale : la Prévention

Le sentiment d’insécurité des populations en France, est devenu une réalité omniprésente dont le développement s’est progressivement détaché de celui de l’insécurité à proprement parler.
Ainsi la perception qu’ont nos citoyens de l’insécurité, tant qualitativement que quantitativement, ne coïncide que peu ou prou avec la réalité des risques en la matière.

Cependant, cette perception agit sur la réalité quotidienne et a contribué à la faire évoluer telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Le développement de ce différentiel entre perception et réalité a, depuis plusieurs années, contraint les acteurs locaux à envisager différemment les actions à mettre en place
pour répondre, avec cohérence à ces deux aspects de l’insécurité.
Il ne s’agit plus aujourd’hui de se limiter à ne traiter que les faits et leurs origines mais également de gérer les perceptions des individus se sentant concernés.
Pour s’en convaincre, il suffit, de prendre en considération différents diagnostics qui ont fait apparaître un constat et une méthode d’action :
un effet ciseaux produit par le resserrement de deux tendances que sont l’accroissement des faits générateurs d’insécurité et la diminution du seuil de tolérance des populations ;
la nécessité d’engager un processus de partenariat opérationnel impliquant tous les acteurs et créant une nouvelle dynamique sur le territoire de la commune.
Ainsi, comme je pouvais l’écrire dans un précédent « article », en matière de sécurité, il nous faut travailler sur le triptyque :
Prévention - Dissuasion – Répression
Triptyque, indissociable, garant de cohésion sociale, d’harmonie et d’équilibre dans notre vie quotidienne ;
Un des piliers incontournable de ce triptyque s’avère être la Prévention. Pour lutter contre l’augmentation de la petite délinquance,
Toutefois, la prévention se trouve au centre de moult réflexions, attentes, voire exigences. Aujourd’hui, la prévention ne peut plus se contenter d’une pseudo « thérapie compensatoire »
colmatant tant bien que mal, au « coup par coup », les « situations critiques ». Elle se doit d’agir en amont, en ayant une approche transversale et systémique permettant ainsi d’éviter
l’aggravation des risques sociaux, environnementaux et psychologiques, et de mettre en oeuvre des interventions visant la résolution des processus d’exclusion sociale.
Et, nous assistons souvent, trop souvent, à une tendance qui consiste à minorer la notion de prévention en l’assignant à un sens simple et équivoque – « délinquance » - évitant
ainsi de prendre en considération les champs multiples de son intervention, sa dimension globale et limitant parfois son rôle.
Toutefois, force est de constater que définir la prévention n’est pas chose facile. C’est pourquoi, afin d’avoir un langage « commun » permettant de définir ce qu’est la prévention,
j’ai retenu, synthétiquement et schématiquement, trois approches admises et appropriées par l’ensemble des acteurs de la prévention :
La prévention primaire (générale) : qui tend à s’attaquer aux innombrables facteurs d’inadaptation,
La prévention secondaire (ciblée - partielle) : dont l’objectif est la lutte contre l’aggravation et l’extension des troubles,
La prévention tertiaire (curative) : dont l’objectif est la réinsertion, la lutte contre la récidive, le soin thérapeutique…
Les acteurs locaux, selon la population concernée (en difficulté, « à risque », sans symptômes apparents,…) mettent dès lors en oeuvre :
soit un accompagnement social, souple et ponctuel, favorisant l’insertion dans la vie de la cité,
soit des actions s’appuyant sur l’accompagnement, l’orientation, la guidance visant à faciliter le lien social et, par là même, le maintien dans la « vie sociale »,
soit un suivi socio-éducatif nécessitant une mobilisation massive, à court, moyen et long termes, permettant la réinsertion au sein de la « communauté urbaine ».
La prévention se doit être le résultat d’une démarche volontaire qui repose sur la prise en compte de la mixité sociale qui a toujours été une caractéristique essentielle de notre
pays(n’en déplaise à certains) , et ce , en faisant en sorte que cette mixité soit un facteur d’harmonie et non de fracture sociale.
L’objectif d’une politique de prévention adaptée, à chaque commune, consiste ; à lutter contre le sentiment d’insécurité, à renforcer le lien social, urbain et économique, à résorber
les déficits enregistrés (citoyenneté, morale, autorité, etc.) sur le terrain, à lutter contre l’exclusion sociale et urbaine, à développer des actions en faveur de la vie citoyenne et de l’accès
au droit…
Pour ce faire, la prévention doit s’appuyer sur des diagnostics, des analyses, des suivis concrets et des évaluations systématiques et ce, en cohérence avec l’ensemble de ses
orientations tant locales que nationales .
Il faut également, que l’ensemble de nos « politiques » conscientisent que la prévention s’inscrit dans un espace temps plus long que celui du temps électoral . Et qu’il ne s’agit
plus de faire des déclarations intempestives mais d’expliciter que les évolutions de notre société, de répondre aux besoins (en matière de sécurité et d'insécurité) de nos concitoyens.
Oui, nous avons besoin de réformes. Alors, faisons en sorte que ces réformes soient justes pour tous et chacun.


Jean-Loup DUJARDIN

 


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Rapport Bockel : les éducateurs de rue réagissent (lagazettedescommunes.com)

Malgré le remaniement du gouvernement, le Comité national de liaison des associations de prévention spécialisée salue les propositions de l’ex-secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel, mais rappelle son attachement à la protection de l’enfance.


Le rapport Bockel sur la prévention de la délinquance des mineurs survivra-t-il au remaniement gouvernemental et au départ de son instigateur, l’ex-secrétaire d’Etat à la Justice, Jean-Marie Bockel ? Rien n’est moins sûr. Néanmoins, le Comité national de liaison des associations de prévention spécialisée (CNLAPS) a souhaité réagir aux préconisations visant à donner « une meilleure visibilité à la prévention spécialisée ».

 

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Remise du rapport de Jean-Marie BOCKEL, sur la prévention de la délinquance des mineurs

Le 3 novembre 2010, le Président de la République a reçu Jean-Marie BOCKEL, secrétaire d'Etat à la Justice, qui lui a remis son rapport sur la prévention de la délinquance juvénile.
Cette mission lui avait été confiée par le chef de l'Etat le 3 août dernier en vue d'engager une large concertation avec les acteurs de la prévention et de la sécurité, d'expertiser les bonnes pratiques en France comme à l'étranger et de formuler en conséquence des propositions innovantes.

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Emmanuel Dupuy : Développer une culture de la résilience…pour prévenir la délinquance

Le parcours du civisme, de la citoyenneté et de l’esprit de défense n’est pas à découvrir, il doit être seulement mieux défini, et mieux balisé.

 

C’est dans cet engagement totalement citoyen pour la défense des valeurs de la République, et pour la promotion de tout ce qui constitue son existence, de l’économie au patrimoine culturel, que réside notre identité nationale.

 

 

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Prévention : Les centres fermés pour délinquants sont-ils efficaces ?

La lutte contre la délinquance des jeunes bute sur le manque de moyens des juges et des éducateurs. Résultat: peu d'options entre défaut de sanction et prison.
Lenteurs judiciaires, éducateurs surchargés, prévention défaillante... Les experts qui se réuniront le 14 octobre prochain autour de Jean-Marie Bockel, le secrétaire d'Etat à la Justice, pour faire le point sur la lutte contre la délinquance des mineurs, tireront un triste constat, à en juger par les chiffres. En 2007, date des dernières statistiques disponibles, pas moins de 300 000 mineurs ont été identifiés en situation de fragilité et de délinquance. Parmi eux, 76 046 ont fait l'objet d'une sanction après être passés devant un juge pour enfants - une augmentation de 1,6 % par rapport à 2006 - tandis que 211 809 autres ont été confiés, dans le cadre de la protection judiciaire, à l'Aide sociale à l'enfance (ASE) ou au secteur associatif.

 

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