Facteur d’autonomie, le travail est aussi un élément essentiel de l’estime de soi et de la construction de l’identité individuelle

La croissance est nécessaire à l’emploi

La croissance est nécessaire à l’emploi, car on ne diminuera pas le chômage en son absence. Les banques doivent être incitées à faire mieux leur métier de soutien à l’économie, notamment des PME innovantes : c’est dans cette direction que doivent se prendre les risques et non dans la spéculation. L’État doit favoriser le développement des services à la personne et accompagner les investissements dans les secteurs d’avenir, et ceux liés à la protection de l’environnement (logement, transports, énergie...) qui contribueront à la protection de la planète tout en étant source de nombreuses créations d’emplois. Certaines charges sociales seront basculées sur la valeur ajoutée des entreprises, au lieu d’être liées aux salaires, ce qui pénalise les entreprises de main d’œuvre, ou seront modulées, par un système de bonus malus en fonction des évolutions en terme de niveau et de qualité d’emploi.


Faciliter l’embauche, passe, notamment, par une simplification et un assouplissement du contrat de travail, de sa signature à sa rupture éventuelle. C’est dans les conditions et modalités du licenciement que réside le nœud de la question. Entouré de garanties et assurant une compensation financière importante pour le salarié, le licenciement doit être suffisamment simple et rapide pour ne pas représenter un frein à l’embauche. Et puis, la réforme abîmée de réduction du temps de travail peut être reprise. Le temps partiel choisi doit devenir un droit à négocier dans l’entreprise et être développé, quand on sait que plus d’un million de personnes travaillant à temps plein sont prêtes à travailler à temps partiel, presque autant que l’inverse.
Permettre un retour à l’emploi plus rapide doit être un objectif prioritaire, sachant que la gravité de la situation, tient moins dans la perte d’emploi que dans la difficulté à un trouver un nouveau. Doit être aussi accordée une sécurité accrue en cas de mobilité, comme lors des périodes de chômage, avec le transfert de droits tels que la formation, d’une    entreprise    à    une    autre.    Un    « compte    mobilité » pourrait apporter à chacun des garanties quelles que soient les variations de sa situation professionnelle. Un effort particulier doit être fait vis-à-vis des jeunes, avec l’organisation et la mise à disposition d’un vrai service public d’orientation, une accélération de l’apprentissage et un développement de la formation post scolaire, une extension conditionnelle du RSA, une aide provisoire aux entreprises qui auront fait un effort particulier d’embauche et de formation de jeunes non qualifiés. Le contrat de transition professionnelle, permet un parcours pouvant comprendre des mesures d’accompagnement, des périodes de formation et des périodes de travail au sein d’entreprises ou d’organismes publics. La multiplication par dix du nombre de ses bénéficiaires, parmi les demandeurs d’emploi, en 2009, est un progrès à encourager.
La formation continue doit pouvoir bénéficier à tous (particulièrement aux demandeurs d’emploi, aux salariés de PME, aux non qualifiés) et non seulement, comme aujourd’hui, à ceux qui sont déjà les plus formés et les plus qualifiés. L’utilisation des 34 milliards d’euros qui y sont consacrés pourrait être considérablement améliorée, si la collecte était mutualisée, et si un contrôle rigoureux sur les organismes de formation et les formations dispensées avaient lieu43. La formation tout au long de la vie, doit dépasser le stade du slogan pour devenir une réalité concrète.


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