Quel rôle l'école doit-elle jouer ? Quelles valeurs doivent être transmises ? Quelles réformes doivent-être menées ?

Éducation et formation professionnelle

Nous sommes tous confrontés aux bouleversements engendrés par la mondialisation et par les défis inhérents à une nouvelle économie fondée sur la connaissance. La transition de l’ère industrielle à l’économie de la connaissance change profondément l'organisation du travail et les métiers, mettant fin notamment à la linéarité des vies professionnelles. La flexibilité est devenue une obligation qui remet en cause les règles de fonctionnement comme les connaissances initiales ou professionnelles.

Des principes et outils communs ont déjà été retenus afin de modifier profondément l’Éducation et la Formation professionnelle. Ces lignes directrices ont visé à renforcer la mobilité, la transparence, la lisibilité et la qualité des systèmes. Il reste à améliorer la reconnaissance des qualifications et compétences et à préserver la qualité de la formation
professionnelle.


Un enseignement régionalisé

L’enseignement professionnel doit se développer en étroite relation avec le tissu économique régional et local, avec les entreprises qui permettront les stages et plus tard seront
appelées à embaucher les étudiants. Les filières devront donc être en cohérence avec
l’économie régionale. La centralisation de cet enseignement n’apporterait donc aucune
valeur ajoutée, et représenterait un risque évident de développer des filières sans débouchés.

C’est aussi à un niveau régional que peuvent être trouvés le plus aisément les profession‐nels intervenants, qui auront un mode de recrutement et un statut différents de ceux des fonctionnaires de l’éducation nationale.

L’apprentissage

Le système de l’apprentissage a déjà été modernisé. Le nombre de jeunes de moins 25 ans, inscrits au chômage, pourrait augmenter de 150.000 à 250.000 en 2009. Le taux de chômage des moins de 25 ans atteignait 22 %, en 2008.

De façon générale, l’enseignement académique prépare peu au monde du travail, aussi bien en termes d’ajustement des compétences individuelles aux qualifications des emplois, qu’en termes de régulation globale des flux de jeunes vers le marché du travail. À l’inverse, l’apprentissage optimise l’entrée des jeunes dans la vie active. Les apprentis, partiellement formés dans l’entreprise, connaissent concrètement les réalités techniques et sociales du monde du travail, ils sont directement « employables ». L’orientation des apprentis serait immédiatement efficace, dès lors que la signature d’un contrat de travail serait exigée pour l’entrée en apprentissage, cette formation impliquant l’existence d’un emploi.

Les incitations destinées aux entreprises doivent être ciblées sur les jeunes non ou très peu qualifiés.
Une meilleure coordination entre les postes de formation d’apprenti et les besoins à court terme de recrutement doit être trouvée. Cette adéquation sera obtenue par l’utilisation de mécanismes décentralisés de gestion de l’apprentissage. L’entrée en apprentissage ne doit pas comporter d’âge limite, les barrières d’âge ne sont plus pertinentes : on est un « jeune adulte » de plus en plus longtemps mais on est « vieux » de plus en plus tôt.

Formation initiale et formation permanente doivent être étroitement liées. Pour redonner l’espoir d’une carrière professionnelle et pour préparer à vivre les évolutions nécessaires, il est nécessaire d’indiquer aux apprentis actuels et anciens le plan de formation qui leur est ouvert. Leur vie professionnelle n’est pas fixée par le niveau atteint à leur 21e
anniversaire, elle reste à concrétiser.

Les PME doivent davantage bénéficier des fonds pour la formation professionnelle et doivent en faire profiter d’abord les jeunes les moins qualifiés.

L’apprentissage doit pouvoir s’ouvrir sur l’extérieur et au premier chef sur l’Europe. Un programme Erasmus pour les apprentis doit être développé.

L’apprentissage doit préparer à la mobilité et s'inscrire dans une logique de formation tout au long de la vie afin de surmonter les cloisonnements hérités du passé entre enseignement général et enseignement professionnel.

On peut au‐delà du système d’apprentissage, instaurer un filet de sécurité pour les jeunes
de moins de 25 ans les plus démunis, en l’inscrivant dans le cadre d’une politique de for‐mation minimale. A terme, le RSA pourrait être ouvert aux moins de 25 ans avec un plan de formation ou de perfectionnement.

 

Une école de la deuxième chance pour tous ceux qui en ont besoin

Chaque année, 80.000 jeunes quittent l’Éducation nationale en situation d’échec scolaire profond. Ils ont par la suite de grandes difficultés pour s’exprimer, comprendre ce qui leur est dit, s’insérer dans une collectivité. Cet échec, qui fabrique des exclus de la société, ne peut qu’être combattu aussi bien au nom du Droit qu’au titre d’un bon fonctionnement de
la société.

De nombreuses initiatives ont été prises pour permettre à ceux que le système éducatif a
laissé au bord du chemin de sortir de la marginalisation et d’accéder à un métier. Les dis‐
positifs mis en œuvre les conduisent :

  • à mieux maîtriser la langue française en disposant d’un vocabulaire suffisant ;
  • à se reconstituer des racines, ou à trouver une appartenance et une aptitude à vivre ensemble notamment par l’apprentissage de l’histoire ;
  • à pratiquer un métier leur donnant une compétence professionnelle, et leur ouvrant les portes de la promotion sociale.

La pérennité de ces structures n’est jamais assurée ce qui certes les dynamise mais nécessite une reconnaissance officielle. Ces écoles de la deuxième chance doivent sortir de la précarité et s’implanter là où leur apport sortira des jeunes de l’exclusion durable.

 

L’apprentissage tout au long de la vie : la formation professionnelle continue

Peu d’entreprises européennes dispensent une formation. La participation des adultes à un « apprentissage tout au long de la vie » est encore inférieure à 10 %. Des mesures s’imposent, même en France, pour encourager les entreprises à former davantage, pour soutenir le développement de dispositifs destinés aux travailleurs des PME et pour favoriser la participation des femmes qui reviennent, après une absence, sur le marché du travail. Il faut créer des incitations financières, donner des crédits de temps, reconnaître les qualifications acquises, encourager l’apprentissage ouvert, et à distance grâce à Internet.

En effet, pour favoriser la compétitivité et l'innovation, des moyens doivent être développés pour répondre aux demandes de toutes qualifications en anticipant les besoins de compétences et en formant les adlutes par l'alternance

Le rôle de l’Université dans la formation permanente

Il est nécessaire de s’engager dans une politique volontariste de Formation Permanente destinée à un large public et non aux seuls cadres comme aujourd’hui, et apte à répondre aux véritables besoins de la société et du marché de l’emploi. Il est souhaitable que cette mission revienne pour partie à l’Université.
Il faudrait prévoir, dans le cadre des pôles de compétitivité, la création de plans de formation en adéquation avec les perspectives de développement de ces pôles. Ces plans doivent être concertés et résulter d’un accord entre tous les partenaires. Un financement spécifique pourra être envisagé pour chaque plan.

Pour assurer la mobilité, il convient de :

  • renforcer les passerelles entre formation générale, formation professionnelle et enseignement supérieur, et de construire des articulations entre formation initiale et formation continue.
  • développer la reconmettre en place des mécanisgnants et des formateurs.

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