Quel rôle l'école doit-elle jouer ? Quelles valeurs doivent être transmises ? Quelles réformes doivent-être menées ?

Conclusion

L’éducation est au cœur de cette politique de civilisation dont notre époque a tant besoin et que nous entendons faire nôtre.
Au titre des valeurs civilisatrices et garantes d’un monde commun, la transmission des savoirs constitue la mission fondamentale de notre système d’éducation et le socle d’une société démocratique composée de citoyens libres et éclairés, capables de surmonter les chimères du consumérisme comme les aveuglements du communautarisme.


Résoudre la crise de transmission qui mettrait en péril la pérennité de notre pacte social et républicain est une exigence primordiale qui implique de réaffirmer l’autorité du savoir à l’école, la valorisation du maître, en tant qu’il en est le légitime passeur de la connaissance, mais aussi la célébration des vertus de l’effort pour lequel l’élève doit être encouragé et publiquement récompensé.
Ces dernières années ont montré combien mettre le seul élève au centre du système scolaire, au risque de le consacrer dans la position bien périlleuse de l’individu consommateur de services personnalisés, ne pouvait que le priver des repères auxquels il a droit, et renforcer définitivement privilèges et handicaps sociaux .
Les connaissances qu’il convient d’enseigner et de transmettre visent à soustraire l’individu des chaînes de la dépendance et du « despotisme de l’ignorance » écrivait jadis Condorcet. Cette démarche reste le cœur d’un projet éducatif pour le XXIème siècle, de l’apprentissage des fondamentaux, en passant par le collège qu’il convient de libérer du carcan dogmatique du collège unique, jusqu’à l’Université et la formation professionnelle continue.
Ce n’est pas dans un grand affrontement idéologique, bloc contre bloc, système d’éducation contre système d’éducation que nous entendons que soient conduites les réformes nécessaires. Pour mener à bien cette grande entreprise, il faut « désidéologiser » les enjeux et surtout le débat public. Prendre au niveau où elles doivent être prises, les décisions pragmatiques susceptibles de réaliser un large consensus. Expérimenter, libérer la créativité des équipes enseignantes, évaluer aussi, selon des critères exigeants les résultats. Adapter de plus près le système éducatif à la réalité des territoires et ne pas chercher à construire un système monstrueux et coûteux capable de répondre en tous temps et en tous lieux à toutes les spécificités avec une seule réponse, complète.
C’est l’École du XXIème siècle qu’il faut s’atteler à construire en relevant les défis présents afin d’apporter à des millions de jeunes une formation longue, qualifiante et adaptée au monde du travail qu’ils vont aborder. Telle est la voie de la Réforme juste appliquée aux enjeux de notre système éducatif : elle implique de fortes mesures de déconcentration et
de décentralisation avec une administration recentrée sur ses fonctions essentielles en laissant aux académies une plus grande part d’autonomie, et aux universités, une grande liberté. Il s’agit aussi de concilier la valorisation de l’excellence scolaire avec la pluralité des parcours en adaptant les moyens aux réels besoins des territoires, en repensant l’orientation des élèves, en revalorisant le rôle des filières techniques, en poursuivant la réforme de notre enseignement supérieur, auquel il faut rendre son excellence, vitale pour l’avenir de la société. Fidèles à ses valeurs d’équité, de responsabilité et de justice sociale La Gauche Moderne apporte ainsi sa contribution à un dossier qui doit mobiliser toutes les énergies au‐delà des allégeances partisanes.

 


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