ELECTIONS LEGISLATIVES les 10 et 17 juin 2012

et 3 juin pour les circonscriptions des Français de l'étranger


Les candidats de la Gauche Moderne aux élections législatives de 2012

Législatives : Frédéric Lefebvre à la conquête de l'Amérique

Amérique - Français à l'étranger - Circonscription d’Amérique du Nord

Législatives : Frédéric Lefebvre à la conquête de l'Amérique

Candidat de l'UMP en Amérique du Nord, l'ex-secrétaire d'État aux PME veut "mobiliser" contre "l'État PS"

Restaurant Opia, en plein coeur de Manhattan, samedi. Dans une pièce à l'écart du brouhaha de la salle principale, Frédéric Lefebvre s'adresse à une vingtaine de sympathisants et de militants UMP attablés, un verre d'eau ou de vin rouge devant eux. Son message : "l'unité" et "la mobilisation" à l'approche des élections législatives. "Il faut éviter la constitution d'un État PS, avec tous les pouvoirs entre les mains du même parti", martèle-t-il en évoquant une France qui serait "déséquilibrée".

D'unité, Frédéric Lefebvre en a besoin. L'ex-secrétaire d'État aux PME, l'un des snipers de Nicolas Sarkozy, est aujourd'hui candidat de l'UMP au poste de député de la première circonscription des Français établis hors de France, qui comprend les États-Unis et le Canada. Une prise a priori facile pour Lebebvre, puisque Sarkozy y a obtenu 60,3 % des suffrages au second tour de la présidentielle. Mais la droite y est divisée. On y compte pas moins de quatre candidats issus de la majorité sortante, dont Julien Balkany (demi-frère de Patrick). Ajoutez à cela une candidate socialiste, Corinne Narassiguin, ancrée localement, qui fait campagne depuis décembre 2010, et vous obtiendrez la recette du piège électoral. "Il n'y a aucune circonscription qui appartient à la droite ou à la gauche. L'enjeu, c'est la mobilisation", répète Lefebvre.

Mobiliser ne sera pas chose aisée. Certains militants locaux de l'UMP ont grogné contre son "parachutage" dans la circonscription lorsque sa désignation fut rendue publique en novembre. Ils lui préféraient Christine Lagarde, un temps pressentie avant de devenir directrice générale du FMI. En outre, en dehors des cercles des expatriés politisés, Lefebvre est peu connu. Ses adversaires ne l'ont pas attendu pour sillonner la circonscription, conscients que cette élection, première du genre, se gagnera "à la hussarde", d'autant que la participation promet d'être faible.
"Aucun n'a mon expérience"

Lors de son meeting new-yorkais samedi, le premier de la campagne officielle, il a évoqué sa proximité avec Sarkozy, glissé qu'il a de la famille "aux quatre coins d'Amérique" : son cousin, Christophe Maincourt, est directeur de la chambre franco-américaine de Floride et son frère vit en Californie. "Aucun à droite comme à gauche n'a mon expérience, confie l'intéressé, après son intervention, rappelant qu'il a été député de 2007 à 2009 comme suppléant d'André Santini. Avoir des réseaux, cela ne s'invente pas. Cette semaine, j'ai eu au téléphone des personnalités comme Jean-Louis Borloo, Hervé Morin et Jean-Marie Bockel qui m'apportent leur soutien parce que l'unité est essentielle".

Lefebvre révélera la semaine prochaine son comité de soutien nord-américain. Il s'est entouré d'une équipe de "locaux", dont son suppléant, Olivier Piton, un avocat français installé à New York. "Cette circonscription peut se perdre, assure ce dernier. Nous avons 21 jours avant le premier tour (celui-ci a lieu le 2 juin en Amérique du Nord, NDLR), cela veut dire 21 jours de réunions, de meetings, de contacts."

Par Alexis Buisson, à New York

Retrouvez cet article paru le 14 mai 2012 sur le site lepoint.fr